André Hambourg, peintre et graveur

André (1909-1999)

 

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Musée de la Marine à Paris

Exposition du 10 novembre 2006 au 15 janvier 2007

 

Une grande rétrospective

 

Présentation

L'exposition

jeunesse - Maghreb - guerre

couleurs - voyages - séries

  Donation

Informations pratiques

Beau livre

 
     

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1971 "Coucher de soleil à Trouville"

 

© ADAGP © NANGA

 

     
 

Présentation

 

le musée national de la Marine présente la rétrospective de l’œuvre remarquable d’André Hambourg, un homme qui aimait sans restriction la peinture et la mer…

 

peintre d’un siècle

« Parisien de Paris », né en 1909, André Hambourg est un observateur privilégié du XXe siècle. De ses débuts à l’Académie des Beaux-Arts, en passant par son séjour à la villa Abd-el-Tif, jusqu’à la seconde guerre mondiale, ses voyages autour du monde, l’exposition retrace une passionnante révélation à la couleur et à la lumière à travers une œuvre abondante et généreuse, un panorama pictural sans cesse renouvelé.

Grâce à cet artiste à la technique d’une spontanéité déconcertante, le visiteur part à la découverte d’un siècle en perpétuelle effervescence.

 

en quête de la lumière

Aux compositions des débuts parisiens marquées par des cadrages resserrés et des gammes chromatiques sombres, succèdent des œuvres transcendées par une extraordinaire « lumière qui dévore tout et écrase les couleurs » lorsque l’artiste découvre l’Algérie. Séjournant à Saint-Rémy-de-Provence au début de la guerre, il y réalise des paysages sereins peuplés de visages paisibles avant de devenir illustrateur pour les journaux de l’époque et correspondant de guerre. Cette période troublée, ponctuée de tristes événements pour le peintre, se conclue par un retour aux teintes assombries, bientôt réveillées par le jeu des lumières que le peintre souhaite faire vibrer entre elles.

 

entre ciels et mer

Algérie, Italie, Etats-Unis, Côte d’Ivoire… Voyageur infatigable André Hambourg n’aura cessé de courir le monde, de brumes vénitiennes en couleurs africaines imprégnant ses œuvres de cette extrême sensibilité, de son aptitude singulière à pénétrer l’essentiel des êtres et des choses. Sa nomination au corps des peintres officiels de la Marine en 1952 va lui offrir l’opportunité exceptionnelle d’embarquer sur les bâtiments de la Marine et d’assouvir son « besoin constant d’espace, de lumière mouvante, de nuages galopants, de mers inconstantes ».

 

L'exposition

 

parcours d’une vie

jeunesse, Maghreb, guerre

                                              

L’exposition rétrospective consacrée à André Hambourg offre, en un parcours chronologique développé en cinq points, un panorama exceptionnel de son art.

294 œuvres, huile, aquarelle, pastel, gravure, lavis ou mine de plomb seront présentées.

Ce chiffre impressionnant qui témoigne de la créativité de l’artiste et de l’abondance de sa production, permet, pour la première fois d’appréhender l’évolution stylistique de l’artiste.

 

les années de jeunesse, 1909-1932

Né en 1909 à Paris, André Hambourg mène une scolarité sans histoire, rythmée par des visites au jardin du Luxembourg. Le jeune André dessine déjà beaucoup.

En janvier 1927, il entre à l’École nationale des Beaux-Arts, dans l’atelier du peintre Lucien Simon. Les natures mortes et les rues de son quartier sont des sujets qu’il aime travailler. Dans ses compositions, les volumes priment sur le détail et l’approche du sujet se fait généralement par grands a-plats. La gamme chromatique est sombre, le trait appuyé et les gris, bleus ou verts ont des éclats métalliques.

En mai 1928 se tient sa première exposition particulière. La découverte de la Provence en 1930 enrichit sa palette d'ocre et de jaune. Les personnages se font également plus présents. En 1933, il remporte le prix de la Villa Abd-el-Tif dont les lauréats peuvent séjourner jusqu’à deux ans à Alger.

 

la découverte du Maghreb, 1933-1939

L’arrivée en Algérie est un véritable choc pour le jeune peintre, où dit-il « le soleil avale tout ». L'éclat des couleurs qui vibrent autour de lui le marque profondément.

En 1936, il effectue son service militaire en Algérie où il continue à peindre. Les expositions se multiplient et le succès est au rendez-vous. L'état acquiert certaines de ses toiles ou lui passe commande.

A partir de 1937, de retour en France, il séjourne fréquemment à Honfleur. Après l'éclat franc du soleil du Maghreb, la lumière changeante de l'estuaire de la Seine l’envoûte. La course des nuages, l'humidité de l'atmosphère, ou les longues plages sont de nouveaux motifs dont il ne se lassera plus.

                 

la tourmente de la guerre et la difficulté de peindre, 1939-1948

Affecté à Casablanca, André Hambourg est démobilisé en août 1940. Le peintre intègre la Résistance au moment où l'Afrique du Nord est le théâtre de luttes souterraines. Il passe l'été en France, en zone libre, et se rend avec sa mère à Saint-Rémy-de-Provence.

La présence de Van Gogh est partout, et Hambourg retrouve les motifs peints par l’illustre artiste. Paysages sereins, visages paisibles : la joie d'avoir retrouvé les siens se lit dans ses toiles.

En septembre, il regagne Oran où une exposition lui est consacrée. Une série de tableaux illustre cette période. Les personnages y portent des masques, symbole du double jeu pratiqué par certains. De retour à Alger, en novembre 1942, Hambourg est re-mobilisé. Il est affecté au 2e bureau comme rédacteur-dessinateur-reporter de Combattant 43, l'hebdomadaire de l'armée. Le journaliste prend le pas sur le peintre. Il effectue des missions à bord de navires de combat pour réaliser des reportages illustrés. Nommé correspondant de guerre début 1945, il rejoint la 1e armée en Alsace, au moment où elle franchit le Rhin. Quelques semaines plus tard l'Allemagne capitule.

 

 

couleur, voyages, séries

 

 Meurtri par les ravages de la guerre dans son entourage et par l'accueil reçu à son retour, Hambourg préfère s'éloigner de Paris et gagne Saint-Rémy.

Ses toiles retrouvent les caractéristiques de ses débuts : cadrage au plus près du sujet, tonalités sourdes et sombres.

Seule lueur d’optimisme, il sauve d’un projet immobilier le champ d’oliviers célébré par Van Gogh. L’achat le laisse sans un sou vaillant, mais les arbres sont sauvés !

En 1947, la Marine nationale invite André Hambourg à participer à une mission à bord du Richelieu, de Brest à Toulon, via Alger. Dessins et peintures restituent vie et activités du bord.

 

le retour à la couleur, 1948–1970

A Honfleur en 1948, André Hambourg épouse Nicole Rachet, fille de médecin, grand amateur d'art et collectionneur. L'œuvre du peintre s'en trouve radicalement transformée. Les nouvelles toiles retrouvent couleurs et jeux d'ombres et de lumières des années algériennes.

En 1952, André Hambourg est nommé peintre officiel de la Marine.

De grandes compagnies maritimes font appel à son talent pour décorer leurs nouveaux paquebots. Ainsi, un Hambourg trône dans le salon de la suite « Normandie » du Liberté.

Au printemps 1957, André Hambourg se rend pour la première fois à Venise qui devient, à l'égale de sud de la France et de la Normandie, son nouveau port d'attache.

La Normandie, où l’atmosphère et la lumière argentée de l’estuaire le fascinent,  demeure l’un de ses sujets de prédilection. Il multiplie les représentations des plages de Trouville et de Deauville.

 

les voyages et les séries, 1970-1999

Les voyages s’enchaînent à partir de 1970 : Angleterre et Ecosse, Israël, U.R.S.S.

En 1971 il effectue son premier séjour en Afrique noire, en Côte d'Ivoire. L'éclat particulier de la lumière, la vivacité des couleurs, la foule bigarrée, tout l'enthousiasme. Désormais, de grands soleils orange ou jaune viendront peupler les toiles d'Afrique, de Normandie et d'ailleurs.

Il se rend en 1972 aux Etats-Unis. New York devient rapidement l'une de ses villes préférées et Grand Army Plazza, petite place à l'angle de Central Park, devient même le thème d'une série réalisée sur près de quinze ans.

A la même époque, la cour européenne de Justice à Luxembourg lui commande six grands panneaux afin de décorer la salle d'audience du Palais.

Désormais les séries caractérisent son œuvre Saint-Rémy et Honfleur sont ses havres de paix au milieu de ses voyages et embarquements.

 

 

Enfin, tout au long de sa carrière, André Hambourg a honoré son titre de peintre officiel de la Marine en embarquant sur des bâtiments de guerre, en particulier la Jeanne d’Arc et en rendant compte à travers ses pinceaux et ses crayons de l’ensemble de la vie maritime, de la plage de Trouville aux ports du Havre et de New York.

 

 

Donation

 

sujets maritimes

La carrière extrêmement riche d’André Hambourg, nommé peintre officiel de la Marine en 1952, a toujours été en étroite relation avec le milieu maritime.

Pendant la dernière guerre, journaliste puis correspondant de guerre, il a embarqué à bord de sous-marins et de navires de surface pour se faire l’écho des conditions de vie des équipages.

En 1947 puis 1948 il navigue sur le Richelieu et réalise de nombreuses toiles. Entre ces missions à bord de bâtiments de la Marine nationale (à bord du Colbert, du De Grasse),  il réalise des commandes pour les grandes compagnies de Transatlantiques (Messageries Maritime ou Cie Générale Transatlantique).

Deux tours du monde, en 1983-1984 puis en 1984-1985, à bord du porte-hélicoptère Jeanne D’arc lui fournissent d’innombrables sujets.

               

donation

Selon la volonté de l’artiste, sa femme, Nicole Hambourg, effectue une très importante donation au musée national de la Marine comprenant un ensemble d’une centaine d’œuvres témoins qui illustrent ce parcours maritime exceptionnel.

 

Cet ensemble, allant de 1929 à 1985, recouvre toute la carrière de l’artiste. Les thèmes abordés touchent aussi bien la Marine militaire que les bateaux de pêche, les vieux gréements ou paysages de bord de mer. 

 

enrichissement des collections

C’est un honneur et une chance pour le musée de pouvoir enrichir ainsi ses collections avec l’œuvre d’un peintre de la Marine qui a parcouru tout le XXe siècle en rendant compte de sa perception du monde maritime.

André Hambourg n’était à ce jour représenté dans nos collections que par deux vues d’architecture de l’amirauté du port d’Alger (1936) et trois panneaux décoratifs réalisés pour le porte-avions Foch (1962).

 

Le musée pourra ainsi, mieux encore, garder la mémoire de cet artiste original et témoigner de son talent.

 

 

Informations pratiques

 

exposition au musée national de la Marine, Paris

palais de Chaillot

17 place du Trocadéro

75116 Paris

 

horaires d’ouverture :

tous les jours de 10 h à 18 h

sauf le mardi, le 25 décembre et le 1er janvier

fermeture des caisses à 17 h 15

 

droits d’entrée :

plein tarif : 8 euros

tarif réduit : 6 euros

tarif 6 – 18 ans : 4 euros

billet équipage : 24 euros

 

informations et réservations au 01 53 65 69 53

 

visites pour adultes

Découvrez André Hambourg !

Dans le cadre de l’exposition, trois visites exceptionnelles conduites par un peintre officiel de la Marine sont proposées aux visiteurs.

Peintre et décorateur, André Hambourg a mis lumière et couleur dans la plupart de ses œuvres. Le parcours à travers les paysages algériens, les plages normandes et les océans multiples, offre un voyage bigarré et un regard sur la peinture de marine enrichi par les commentaires de ses pairs.

 

Les samedis à 15 h 30

-          25 novembre : Michel King

-          2 décembre : François Bellec

-          9 décembre : Michel Bez

 

Des visites commentées sont également proposées sur réservation pour les groupes

tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 18 h, durée : 1 h 30

25 personnes maximum

Adultes : 128 euros + entrées à 6 euros

Etudiants : 69 euros + entrées à 1,60 euros

 

 

 

pour les jeunes « palette marine »

Du paysage portuaire à l’image de la bataille navale, du portrait de bateau à la représentation du marin, on apprend à lire la peinture de marine au fil des siècles. La visite se termine par la découverte du peintre officiel de la Marine, André Hambourg.

« palette marine » est une visite découverte proposées aux groupes d’enfants et de jeunes

 

Tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 18 h, durée : 1 h 30

52 euros la visite + entrées à 1,60 euros

un accompagnateur gratuit pour dix enfants

 

informations et réservations au 01 53 65 69 53

 

 

beau livre

 

                          

 Cette monographie consacrée au peintre André Hambourg retrace son évolution picturale.

 

De la Normandie, en passant par le Sud de la France, puis en découvrant l’Afrique, l’œuvre d’André Hambourg (1909-1999) constitue une véritable révélation de la couleur et de la lumière.

Cet ouvrage en retrace la quête et analyse la genèse de son art.

Les ciels lumineux, le miroitement de la mer et des soleils qui s’y noient deviendront ses sujets de prédilection.

D’un pinceau maîtrisé, il sait rendre la spontanéité du moment, comme en témoignent ses plages normandes, si légères, qui contribueront à le faire connaître.

Nommé peintre de la Marine en 1952, il parcourut les océans, répondant à son « besoin constant d’espace, de lumière mouvante, de nuages galopants, de mers inconstantes ».

 

Table des matières

Préface, par le vice-amiral Jean-Noël Gard, directeur du musée national de la Marine, commissaire de l’exposition

Rencontre avec André Hambourg, par le vice-amiral d’escadre Pierre Bonnot, président de l’association des amis d’André Hambourg

André Hambourg, une vie de lumières et de couleurs, par Annie Madet-Vache, conservateur-adjoint, commissaire de l’exposition

-          la jeunesse parisienne de 1909 à 1933

-          l’éclat de l’Afrique du Nord de 1933 à 1939

-          la tourmente de la guerre et la difficulté de peindre de 1939 à 1948

-          le retour à la couleur de 1949 à 1970

-          à la découverte d’autre ciels de 1970 à 1999

André et ses soleils, par Patrick Dantec, expert de l’œuvre de André Hambourg

Eté 1948 – Honfleur, par Nicole Hambourg

Donation

Bibliographie choisie

Liste des œuvres exposées

Remerciements

 

André Hambourg (1909-1999)

Editions Le Télégramme en partenariat avec le musée national de la Marine

Format : 24 x 30 cm à l’italienne

150 illustrations, 156 pages

35 euros

 

 

 

Le site du Musée de la Marine

www.musee-marine.fr

 
     

Le site du Musée de la Marine

www.musee-marine.fr

 

peintre officiel de la Marine

 

Membres d'un groupe constitué par l'Etat, les Peintres de la Marine se flattent d'en former l'ensemble artistique le plus ancien.

C'est sur l'Annuaire de la Marine de 1830 qu'apparaissent pour la première fois deux peintres "attachés au Ministère de la Marine", leur donnant une existence officielle. En réalité, cela fait près de trois siècles que la Marine a ses peintres.

 

Les archives de la Marine témoignent d'activités picturales de caractère héraldique dans ses premiers arsenaux dès le XIVe siècle ; les œuvres de ces artistes qui ne sont pas mentionnés nominalement servaient à l'ornementation des navires et à la signalisation en mer : par ordre du Roi sont réalisés "des pavois peints des armes de France" pour les nefs royales et les forteresses de la Vallée de la Seine.

Au XVIe siècle, on ne trouve pas trace de dispositions administratives liant des articles aux opérations navales. Cependant, on peut citer Jacques Le Moyne de Morgues qui rapporte un véritable reportage du voyage en Floride de Landonnière (1564).

Les peintres de la Marine font remonter à Richelieu la création de leur corps. Ce ministre de la Marine qui avait à cœur de conserver le souvenir des grands faits historiques fait naître la peinture de Marine.

Dans l'esprit, Callot (1592-1635) grave "le Siège de La Rochelle" et la "Prise de l'Ile de Ré". Jean-Baptiste de La Rose (1612-1687) nommé maître peintre à Toulon contribue à répandre le goût des sujets maritimes.

 

Avec le XVIIe siècle, le caractère historique de la peinture de Marine exige une culture très poussée, devenant ainsi le domaine de quelques artistes tels Beaujean (XVIIIe), Nicolas Ozanne (1728-1811), Van Blarenbergue (1716-1794), Joseph Vernet (1714-1789) qui est honoré du titre de "Peintre de la Marine du Roi".

Avec eux, se constitue pour les historiens une collection de documents précis et artistiques.

L'institution des Peintres de la Marine ne disparaît pas pendant la période révolutionnaire malgré l'appel de David de brûler les Brevets Royaux.

La Restauration met le titre de "Peintre du Grand Amiral de France" en concours et Louis Garneray (1783-1857) l'obtient.

Enfin, la Monarchie de Juillet inaugure l'inscription des Peintres de la Marine à l'Annuaire en 1830 avec Louis-Philippe Crépin (1722-1851) et Théodore Gudin (1802-1880).

Cette tradition se maintiendra jusqu'en 1962.

En 1860, il existe quatre peintres au Département de la Marine dont Antoine-Léon Morel-Fatio ; en 1900, ils sont trente-deux et cinquante et un en 1914.

 

Il faudra attendre 1920 pour qu'un décret donne statut aux Peintres de la Marine : le titre de "Peintre du Département de la Marine" est accordé par le Ministre pour une période de 5 ans renouvelable à des artistes ayant consacré leur talent à l'étude de la mer, de la Marine et des gens de mer. Ce titre ne donne droit à aucune rétribution mais seulement à des facilités pour accomplir des missions dans les ports et sur les navires ainsi que la faculté d'ajouter une ancre à leur signature.

En 1924, un nouveau décret vient modifier ce statut : le nombre des Peintres de la Marine est limité à 20 et le titre est conféré pour une période de 3 ans. Un salon annuel est institué. Enfin, le décret de mars 1953 remanie le statut des Peintres de la Marine.

C'est un décret du 2 avril 1981 qui règle aujourd'hui la définition et l'attribution du titre de "Peintre de la Marine". Notons enfin que le choix du ministre peut également se porter sur les sculpteurs, illustrateurs, photographes et graveurs, les titres de "Peintre de la Marine" étant pris dans son sens le plus large.

La promotion de 1952 comprend  Cerny, Desnoyers, J. Even et A. Hambourg.