André Hambourg, peintre
André (1909-1999)

Algérie et Maroc

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critiques

Parienté 1

Parienté 2

Parienté 3

 

     
 

Le voyage est si beau (suite)

Dès le début de son séjour en Algérie, en 1933, en tant que lauréat du prix Abd El Tif, la clarté est omniprésente, suscitant chaleur  et émotion. Puis au sortir de la période noire de la guerre et de la longue campagne, qui le mena d’Alger à Berchtesgaden, comme correspondant de guerre, André Hambourg fait d’Honfleur son port d’attache. Cette échappée vers la mer le sauve définitivement de la grisaille et favorise un nouveau départ : il capte, avec des tonalités plus claires et plus variées, les ciels tourmentés, les nuages qui s’effilochent sous les rafales du vent du nord, les lointains brumeux et le vieux bassin, calé, depuis des siècles, sur la Lieutenance.

Le Grenier à Sel est là, tout près qui offre aujourd’hui à André Hambourg ses cimaises pour mettre en valeur des œuvres prestigieuses, telles que « La Caravelle à quai devant la Lieutenance », conçue en 1937, et annonciatrice de tout ce qui va suivre, une décennie plus tard, et notamment « Le dimanche au Maudit Bout », « La tireuse de vin », « Le livre mauve », et, chef d’œuvre absolu de cette période charnière, « La leçon de musique », où Nicole, devenue Madame Hambourg, l’année précédente (1948), apparaît, comme sur d’autres toiles, au premier plan, donnant un ton enjoué à ces charmantes scènes de genre.

 
     

1939 "La chirat bleue, Tafraout"

 

© ADAGP © NANGA

 

     
 

C’est à Honfleur qu’André Hambourg retrouve la joie de vivre et en même temps la notoriété qu’il avait connue au cours des années trente. C’est à partir d’Honfleur qu’il va à l’essentiel, sans chercher à restituer la réalité de chaque chose, sans non plus la déformer.

 

Impressions détachées de tout impressionnisme, destinées, avant tout, à créer une sensation où les contrastes de la lumière cohabitent, sa peinture, sous tous les climats, sous toutes les latitudes, fixe l’instant qui fuit, les vibrations de l’espace, les mouvements du ciel et de la mer, la cadence de la houle et des saisons. Il ne décrit pas en dépit de l’infinité de détails qu’il inscrit sur la toile : il évoque la spontanéité de l’instant saisi au vol. Ne se souciant nullement d’influences contradictoires, il réfute toute théorie, toute idéologie intellectualiste ou abstraite. Il est, à la manière de Debussy, le poète du ciel, du vent et de la mer; il est aussi celui des arbres, des fleurs, des animaux. Il peint sans se lasser, comme s’il entonnait les strophes d’une chanson, où revient régulièrement un refrain qui n’est jamais rengaine.

Après Montparnasse, où il s’est nourri d’espoir, vient l’Afrique du Nord où, entre autres talents, il se révèle grand portraitiste : ah ! cette Chirat bleue, quelle émotion dans la noblesse hiératique de cette Marocaine, nimbée d’une lumière irréelle ! Puis André Hambourg annonce la guerre deux ans avant la déflagration mondiale, avec « Civilisation 37 », en évoquant l’Espagne déchirée sur fond de ville en flammes et en posant une question demeurée sans réponse : « Se peut-il que le monde civilisé puisse, sans réagir, tolérer de tels massacres ? »