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C’est à Honfleur qu’André
Hambourg retrouve la joie de vivre et en même temps la notoriété
qu’il avait connue au cours des années trente. C’est à partir d’Honfleur
qu’il va à l’essentiel, sans chercher à restituer la réalité de
chaque chose, sans non plus la déformer.
Impressions détachées de tout
impressionnisme, destinées, avant tout, à créer une sensation où les
contrastes de la lumière cohabitent, sa peinture, sous tous les climats,
sous toutes les latitudes, fixe l’instant qui fuit, les vibrations de
l’espace, les mouvements du ciel et de la mer, la cadence de la houle et
des saisons. Il ne décrit pas en dépit de l’infinité de détails
qu’il inscrit sur la toile : il évoque la spontanéité de l’instant
saisi au vol. Ne se souciant nullement d’influences contradictoires, il
réfute toute théorie, toute idéologie intellectualiste ou abstraite. Il
est, à la manière de Debussy, le poète du ciel, du vent et de la mer;
il est aussi celui des arbres, des fleurs, des animaux. Il peint sans se
lasser, comme s’il entonnait les strophes d’une chanson, où revient régulièrement
un refrain qui n’est jamais rengaine.
Après Montparnasse, où il
s’est nourri d’espoir, vient l’Afrique du Nord où, entre autres
talents, il se révèle grand portraitiste : ah ! cette Chirat
bleue,
quelle émotion dans la noblesse hiératique de cette Marocaine, nimbée
d’une lumière irréelle ! Puis André Hambourg annonce la guerre deux
ans avant la déflagration mondiale, avec « Civilisation 37 »,
en évoquant l’Espagne déchirée sur fond de ville en flammes et en
posant une question demeurée sans réponse : « Se peut-il que le monde
civilisé puisse, sans réagir, tolérer de tels massacres ? »
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