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Nous
voilà donc, aujourd’hui, face à ces tableaux d’une exposition,
sélectionnés avec amour, mais non sans repentir,
par Nicole Hambourg : le fonds, dont elle disposait,
représentait, en effet, de
nombreuses toiles, toutes aussi admirables les unes que les autres. Mais,
il lui a fallu choisir. Or le résultat est éblouissant : il s’agit d’une
étonnante symphonie qui égrène ses mouvements au long des sites
visités et des décennies d’intense création d’un peintre pour
toutes saisons et pour toutes latitudes, qui ne cessa pas de produire au
gré d’une étonnante diversité d’inspiration.
Au
cours de trois quarts de siècle d’activité, André Hambourg nous a
confié ses sentiments, modulés par les variations de son instinct, en
nous livrant une peinture qui alterne les touches légères et les
éléments plus graves. Grâce à une palette d’une richesse infinie, il
ne s’est jamais répété, quand il traitait le même sujet sur le même
motif. Il nous emporte ainsi sur un tapis volant au-dessus des paysages et
des personnages qu’il nous invite à voir ou à deviner. Contrairement
à ce que l’on a souvent affirmé, cet art n’est pas seulement de joie
; mais c’est un art qui touche, qui enjolive, sans excès, sans gaieté
permanente. Il nous rappelle au passage que la vie comporte ses blessures
profondes, parfois insupportables; elle transparaît dans l’œuvre sans
davantage s’imposer que le bonheur. Il n’empêche que l’allégresse
domine, offrant une alliance d’euphorie et de tristesse, dans une
peinture sans secret, si ce n’est le plus important, celui du cœur.
Après
la période des tableaux presque monochromes des rues sombres de son
quartier, où l’on discerne pourtant le potentiel du jeune artiste qui
cherche encore sa voie - ah ce Pont Neuf peint à 17 ans, quelle promesse
! -, l’unité de l’œuvre d’André Hambourg apparaît bientôt à
travers une lumière renaissant sans cesse de ses propres ombres.
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