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Le voyage est si beau
(suite)
Dix ans plus tard, après la
tourmente, il s’imprègne de toutes les couleurs de la terre et de la
mer, des plages normandes à la Côte d’Ivoire, en passant par Venise,
la Provence, New York, Jérusalem, les îles du Pacifique et même Sainte-
Hélène, d’où le peintre de la Marine, qu’il est devenu en 1952,
rapporte de sublimes témoignages.
André Hambourg
a éliminé tout académisme; il s’est dégagé de toute réminiscence. « Je
n’ai jamais été prisonnier d’une méthode, nous affirmait-il, lors de l’un
de nos fréquents dialogues dans son atelier ou au cours de nos promenades
au Jardin du Luxembourg. On a voulu me classer parmi les
post-impressionnistes. Or, j’estime que je suis difficilement classable.
J’ai fait selon mon humeur. Je poursuis mon chemin sans me laisser
influencer. »
Tout semble
facile quand il s’installe de plain-pied dans les paysages où il se sent
chez lui. Sa peinture sourit, mais qu’on ne s’y trompe pas : elle
participe constamment de la vie avec ses touches tragiques qui émaillent
l’œuvre de sujets forts et purs, tels que « Les coquelicots de
Saint-Rémy », ou « L’arbre mort », qui figura longtemps dans son atelier
d’Englesqueville et que l’on peut voir au Grenier à Sel dans sa nudité
glacée, porteuse des stigmates de l’au-delà.
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